Fête du Livre Perché
25 et 26 Mai 2019
Mostuéjouls


"La main" a été l'un des outils décisifs qui ont aidé nos lointains ancêtres à devenir des humains. Qu'il s'agisse de cueillir, de chasser, puis semer, domestiquer, polir les pierres pour en faire des outils ou des armes, récupérer le feu et l'entretenir, fabriquer des ustensiles, construire des abris… Toutefois, elle ne s'est pas limitée aux tâches de survie, elle a accompagné le cheminement vers l'art et la spiritualité : elle a réalisé les peintures sur les parois des grottes, elle a parfois même été le motif du décor. Elle a permis d'enterrer les morts, de prier les dieux, d'élever les monuments religieux ou funéraires.  
Elle est toujours là, essentielle, à chaque étape de l'évolution de l'humanité.  
Aujourd'hui encore, peu de gestes peuvent être réalisés sans son secours, des plus prosaïques aux plus élaborés. Ainsi, elle permet ceux de la vie quotidienne comme ceux qui donnent accès à toutes les formes de pratiques ou de créations artisanales ou esthétiques. Les images fusent : celles des mains du potier sur son tour, du peintre sur sa toile, d'un musicien sur son instrument... 
La main se porte souvent au secours des mots pour les rendre plus expressifs. Elle peut même se substituer à eux et être tout aussi efficace, sinon plus. Il en est ainsi pour ceux qui ne peuvent entendre les sons. 
Elle est notre médiatrice avec le monde sensible. Elle froisse un pétale et le parfum se dégage ; elle touche et nous apprécions la température, nous connaissons la texture ; elle transmet les sensations et éveille les émotions. Elle nous donne prise sur notre environnement pour le façonner, l'adapter à nos besoins, et parfois, hélas, le saccager. Elle nous permet cette ambivalence à la fois créatrice mais aussi destructrice. 
Si l'on regarde les expressions où entre le mot "main", elles couvrent bien des champs : elles peuvent être révélatrices de notre personnalité lorsque nous prenons "la vie à pleines mains" aussi bien que de notre comportement avec autrui : on peut lui "tendre la main", lui "donner un coup de main" ou le menacer de notre poing. Elles expriment aussi les sentiments : une solide poignée de main montre l'estime, une caresse de la main, la tendresse. Elles parlent même des codes sociaux comme " lever la main" pour demander la parole ou "voter à main levée". 
 Le rôle de la main s'est sans doute amoindri et continuera de diminuer pour bien des activités pratiques. Mais l'innovation technique ne peut la concurrencer dans tout ce qui touche aux sensations, aux émotions, aux sentiments, à l'art…  
Et si l'on veut écrire, même avec un clavier, si l'on veut lire, même sur un écran ou une tablette, à un moment ou à un autre, il faut utiliser ses mains. D'ailleurs, la machine ne saura jamais apporter ce plaisir de tourner les pages avec gourmandise ou impatience.  
Ainsi pourrait-on dire que la main, si anodine et familière qu'elle soit, nous résume et nous porte tant elle elle entre en jeu dans ce qui fait de nous des humains…  

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